Triathlon S d’Attichy

Affiche triathlon d'AttichyAprès mes deux premiers triathlons, j’avais un peu fanfaronné, c’est vrai. Mais il faut dire que j’étais drôlement content. J’avais bien nagé, roulé à bloc et limité la casse en course à pied. À Paris, mon très bon chrono en vélo m’avait permis de me classer plus haut dans la liste des finishers que sur aucune course, toutes catégories confondues. Mais bon, c’est Paris, un triathlon populaire avec beaucoup de néophytes qui, comme moi, profitent de l’occasion pour se tester sur ce sport sympathique.

Ça m’avait drôlement boosté pour passer sur la distance supérieure, la distance M, qui reste mon défi principal. Dans ma to do list, il y a « boucler un triathlon M » alors depuis un an, j’ y travaille. J’avais en ligne de mire celui de Cherbourg. Il n’est pas très cher, il est quasi à la maison mais voila, la partie natation se fait en mer.

Tout le monde me dit que c’est plus facile car avec le sel, on est mieux porté, mais ça me contrarie. Je n’ai jamais nagé en mer et ces 1500 mètres m’inquiètent. Je traine, attends d’avoir pu me tester et lorsque vers fin août je rentre rassuré d’une balade en mer de 2100 mètres qui est passée toute seule, je décide de m’inscrire mais découvre avec beaucoup d’amertume que c’est trop tard. Les inscriptions sont closes, c’est complet.

J’en cherche un autre mais ne trouve aucun M qui m’aille. Je décide donc de reporter sur Paris l’an prochain et de me chercher un petit S pour voir ce que je vaux sur un triathlon confidentiel de province. J’ai voulu voir, j’ai vu ! Ce sprint d’Attichy, charmante bourgade paumée au fin fond de la Picardie, diverge de Paris pour 3 raisons. D’une part, ce coup-ci, il y a vraiment 750 mètres de natation et non 500. La nage étant mon point noir, plus ça dure, plus j’ai de chance de reculer dans le classement. D’autant que la particularité d’Attichy est que la nage se fait à contre-courant dans une rivière. Ensuite, le parcours vélo est sans drafting, c’est à dire qu’il est interdit de se cacher derrière un gros et de le laisser faire l’effort face au vent en suçant sa roue. Enfin, le parcours est vallonné avec une vilaine côte à prendre deux fois. Moi je ne suis pas un grimpeur mais un rouleur. J’ai des grosses cuisses mais mon poids est un gros handicap pour lutter contre la gravité. Le parcours de Paris, court en nage, plat comme une limande, rempli de boucliers à vent derrière qui se planquer m’était ultra favorable, là, je sais que je vais en baver.

C’est parti

L’eau est glacée, tout le monde se colle à droite parce que, parait-il, y’a moins de courant. Je ne sais pas si je dois faire pareil, je caille, ma combi est beaucoup trop fine et me gratte le cou. Je nage mal, je me rends compte que je suis à 4 mouvements alors que je nage toujours en 3, je me ressaisis, nage comme je peux, c’est interminable, je double un peu mais il n’y pas grand monde dans l’eau. 17 minutes 52, je n’ai jamais nagé aussi vite en eau libre. C’est bien mieux que mes 13 min 31 de Paris sur 500 m mais quand j’arrive au parc à vélo, il est quasi vide. Les gars du coin nagent drôlement plus vite que les Parigots 🙂

Contrairement à Paris, je retrouve mon vélo du premier coup et je gère l’enlevage de la combi assez efficacement. Par contre, je déteste rouler en vélo sans gants et comme à chaque fois, je perds des plombes à mettre mes mitaines et mes chaussettes. Ma transition dure plus de trois minutes, c’est moins catastrophique qu’à Paris mais franchement pas satisfaisant.

C’est re parti

J’étais persuadé de pouvoir gratter des places en vélo, censé être mon point fort mais voila ça ne s’est pas vraiment passé comme je voulais. Je n’avais pas de vélo en vacances et j’ai donc très peu roulé ces dernières semaines. J’ai les jambes glacées et un début de crampe au mollet droit. Je mouline pour faire circuler le sang mais il n’y a rien à faire. J’ai trop forcé dans l’eau et je n’arrive à rien. Mon vélo répond mal, il couine, il grince, j’ai du jeu dans mon pédalier et l’impression de faire du sur place. Arrivé à la fameuse côte, je suis scié par le dénivelé. Je ne suis pas le seul, dans la montrée, c’est le mur des lamentations. Je double une petite dizaine de personnes avec l’énergie du désespoir mais ils me reprennent tous dans le faux plat face au vent qui suit. Pas de drafting donc. Et surtout, pas de bâtiments autour pour protéger du vent. Or, rouler comme un âne, seul face au vent, je hais ça. Je prends zéro plaisir, je n’ai qu’une envie, c’est que ça finisse. Je déraille en arrivant à la fin de la première boucle, perd quelques secondes et quelques places à remettre la chaîne, remonte sur le vélo et attaque le faux plat sans élan. Le deuxième tour est meilleur, je double deux trois personnes mais le cœur n’y est pas. Je réussis péniblement à doubler un mec en VTT dans la descente en me demandant comment il est possible qu’avec un engin pareil, il m’ait fallu autant de temps pour le déposer.

C’est re re parti

Après une transition parfaite, j’attaque la partie course à pied. Le fait de m’être enfin débarrassé de mon vélo me requinque un peu. Il n’y a personne devant moi, personne derrière. Je me cale à 11,5 km/h. Inutile de me tuer pour gagner une place, y’a personne à doubler. Dans le retro je ne vois que des mecs affutés comme des lames qui finissent probablement leur 3e tour. Le gars en VTT qui doit bien peser dans les 100 kg me double assez facilement. Je suis courageux, je ne pleure pas. Je le prends en chasse mais rien à faire. Je sprint sous les applaudissements, passe la ligne et décède.

Je ne finis pas dernier, mais pas très loin quand même. 128/153. Celui-là, on va donc vite l’oublier et passer au suivant 😀