Ferraille, grand frais et ibuprofène

Un stage épaves qui porte bien son nom

Il y a deux choses que j’aime par-dessus tout lorsque je plonge : les poissons colorés et la ferraille. Les poissons, pas besoin d’expliquer, c’est intrinsèquement joli. Mais les épaves c’est autre chose. Il faut y aller pour comprendre. Lorsque l’on descend dans le bleu et qu’au bout d’un moment, elle apparait, plus ou moins visible selon les conditions, plus ou moins abimée par le temps, plus ou moins colonisée par les gorgones, c’est parfois magique. Et beau. Et poétique. Et parfois un peu effrayant. Bref, c’est souvent grandiose et je ne m’en lasse pas.

Port Cros

Cette année, la sortie d’automne de notre club de plongée se déroule au Lavandou, petite station balnéaire du Var située juste en face de la réserve naturelle de Port Cros et donc à quelques encablures de quelques-unes des plus magnifiques épaves de Méditerranée. Les plus assidus dès lecteurs de ce blog se souviendront peut-être de mon rendez-vous manqué avec le Donator qui s’était soldé par la noyade d’un appareil photo. Il y avait donc comme un besoin, d’aller voir si cette épave était à la hauteur de sa réputation. Et comme le hasard fait (presque) toujours bien les choses, le club qui nous accueille propose dans la foulée un stage 100% épaves. La période est parfaite, suffisamment éloignée de la rentrée scolaire pour que je puisse poser des congés et à bonne distance de mon passage de grade qui est prévu pour décembre. (suite…)

Le Merle : 1ère plongée profonde

Narcose, clous rouillés et fil de pêche

CongreEn perçant la surface hier, vivant et en pleine forme, pour la 175e fois de ma palpitante existence, de nombreuses pensées contradictoires se sont bousculées dans ma caboche encore un peu secouée par l’expérience quasi-métaphysique que je venais de vivre. Je venais de passer 44 minutes sous l’eau dont les deux tiers à glander au palier pour déssaturer de tout l’azote accumulé au cours de cette plongée profonde. Ma première plongée au-delà des 50 mètres de profondeur. 52 mètres pour être précis. C’est beaucoup. Ce commentaire fera sourire les plongeurs que ces profondeurs n’impressionnent pas ou plus mais moi, 52 mètres, ça m’impressionne.

Depuis que j’ai mon niveau 3, je suis autorisé à plonger jusqu’à 60 mètres mais encore faut-il qu’il y ait une raison particulière d’aller taquiner ce genre de profondeur. Seule un beau tombant ou une épave peuvent, selon moi, justifier de s’imposer de telles contraintes : temps de plongée limité, attente interminable aux paliers, prise de risque importante. La liste n’est pas exhaustive. (suite…)

Une histoire de lentilles et d’eau salée

Mais pas que.

J’ai commencé la plongée sous-marine il y a une vingtaine d’années mais cela ne fait que quelques années, cinq ou six tout au plus, que j’ai pris l’habitude de toujours emmener avec moi un appareil photo que je protège de l’eau et de la pression en l’enfermant dans un boitier étanche et solide que l’on appelle un caisson.

poisson lézard, Thailande, 2010J’ai débuté la photo sous-marine avec un petit caisson Canon, spécialement conçu pour mon compact de l’époque, un Ixus 70 pour ne pas le nommer. Un appareil de milieu de gamme très correct et proposant un mode sous-marin honnête. J’ai néanmoins très vite été bloqué par l’absence de lumière. J’ai acheté une lampe mais je me suis trompé en l’achetant et avec son faisceau étroit je n’ai jamais vraiment pu éclairer correctement mes scènes sous-marines. Je me suis fait offrir un très chouette phare mais il n’est pas adapté à la photo.

Les images que j’ai ramenées avec cet appareil sont tout juste correctes et ce dernier a très vite montré ses limites. Lors de ma 100e plongée, je l’ai emmené pour la première fois un petit peu au-delà de 40 mètres et il n’a pas du tout aimé cela. Là, c’est le caisson qui à montré ses limites. Les petits caissons Canon sont de bonnes entrées de gamme mais ils ne sont pas prévus pour la plongée profonde.

Ouvrons donc une large parenthèse car il se trouve que moi non plus je ne suis pas prévu pour cela. Les grandes profondeurs ne m’ont jamais vraiment attiré et continuent à me faire un peu peur. Au-delà de 45 mètres, on entre dans un autre monde. (suite…)

Plongée anniversaire sur l’Alja

Un chiffre rond pour une plongée pas vraiment carrée

archipel-les-glenanJe m’étais souvent dit que pour ma 100e plongée, il faudrait marquer le coup d’une manière ou d’une autre mais j’avais plutôt en tête une photo souvenir avec une petite plaque sur laquelle serait écrit 100e ou encore un nez de clown, enfin quelque chose de rigolo ou d’un peu festif.

Finalement, je n’ai rien trouvé de ce type et j’y suis allé avec mon barda et l’expérience acquise lors de mes 99 premières plongées. Et autant le dire tout de suite, ça n’aura pas été de trop pour gérer cette 100e, que le sort a voulu exceptionnelle et inoubliable mais pas pour les raisons que j’espérais.

A priori, tout partait plutôt pas trop mal. J’avais pensé à tout, même à prendre une serviette de bain ; trouvé un super bonnet pour me protéger du vent (pas facile d’acheter un bonnet au mois de juillet mais pas impossible) et acheté des chaussons un peu plus épais que ceux que je porte habituellement. (suite…)