Courir pour la liberté

Affiche Alors pour être absolument honnête, quand Guy m’a téléphoné pour me proposer de faire un cross dans le parc de la Villette pour soutenir le docteur Tung Aung, un prisonnier politique Birman, soutenu par la section locale d’Amnesty International, il y a eu comme un petit flottement, à peine perceptible, juste le temps de recentrer mes chakras et de répondre par un « mais oui, absolument, pourquoi pas ? », tout à fait approprié à la situation.

Une heure plus tard en découvrant sur leur site qu’il s’agissait de courir à huit reprises sur le triangle formé par trois artères en bitume, qu’il y avait seulement 30 engagés sur la précédente édition et qu’il fallait être sur place à 9h du matin, j’admets avoir laissé échappé un long soupir. Mais bon, une bonne action, un petit footing pour aller à la Villette qui se trouve d’ailleurs sur une des mes boucles favorites du dimanche matin, une petite coursette au saucisson (sans saucisson) et un coup de tramway pour rentrer, tout cela n’était pas si mal. Je l’ai donc ajoutée à mon agenda avec, finalement, assez d’enthousiasme. (suite…)

Le trail des falaises

Balade dans les cailloux à l’extrême sud de la France

BonifacioOrganiser une saison de course à pied à peu près cohérente, lorsque l’on est fan de trail et que l’on habite dans la région la plus urbanisée et la moins « nature » de France relève parfois du casse tête. Les inscriptions sur les plus belles courses se font souvent des mois à l’avance et les trails franciliens sont globalement décevants. Se lever à 5h du matin pour aller courir 15 bornes sous la pluie dans la forêt de Senlis a son charme  mais mes rêves sont ailleurs. Plus de craie que de fougère, plus de caillou que de mousse humide. La vallée de Chevreuse a des atouts, mais à choisir, je prendrais plutôt le Mont-Blanc.

J’ai également, comme la plupart des coureurs, des distances de course de prédilection. Trop court et ça ne vaut pas le coup de se déplacer. Trop long et la course peut virer au cauchemar et nécessiter une récupération longue et pénible.

La plupart du temps, ça ne se goupille pas comme je voudrais. Il y a par exemple cette course a priori formidable qui est organisée chaque année sur le sentier des douaniers qui longe la côte ouest de la presqu’île du Cotentin que je connais comme ma poche pour l’avoir arpenté de long, en large et en travers et qui a lieu généralement le seul week-end de l’année où il m’est impossible de me rendre en Normandie.

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20 km de Paris 2013

Ma recette pour bien courir : ne surtout pas se préparer !

Affiche 20km de Paris 2013

Pour être tout à fait honnête, je n’avais pas du tout prévu de faire un récit de cette course. D’ailleurs j’y suis, comme l’an dernier, allé à reculons et c’est à se demander pourquoi chaque année, je m’évertue à m’y inscrire.

Étant donc, par principe, contraint d’honorer ma présence sur cet événement, je me suis résigné à devoir prendre le départ mais sans avoir la moindre intention de compétiter sérieusement. Et comme je ne vais pas vous faire un article pour chaque footing dominical, il n’a jamais vraiment été question de parler de ces 20 km autrement que de façon anecdotique.

Sauf que voila, figurez-vous que j’y suis allé quand même et qu’il s’est avéré que j’étais dans un bon jour. Alors forcément, pour une fois que ça se passe pas trop mal, ça vaut le coup de sacrifier une soirée pour vous raconter. (suite…)

On boucle !

Un petit marathon en relai pour (bien) finir une saison sportive plutôt morose

Voila, la saison s’achève et je m’aperçois que je n’ai jamais rédigé aussi peu de compte-rendus de courses que cette année. J’ai couru si peu et si mal que ça ne méritait pas vraiment qu’on s’y attarde. Je n’ai pas non plus été à Cherbourg en vélo avec mon copain Tom et je peux bien le dire aujourd’hui : ça m’a beaucoup manqué. Et puis je me suis pris deux trois baffes qui m’ont rappelé mon adolescence et ça non plus, ça n’avait pas sa place sur ce blog qui n’a jamais eu d’autre ambition que de faire marrer les copains.

Les ButchonneursDrôle d’année tout de même, rythmée par l’interminable roman feuilleton de mes déboires professionnels un peu surréalistes dont je me garderais bien de livrer ici le moindre détail (d’ailleurs ça serait peine perdue, vous n’en croiriez pas un mot). Ça finit bien, bien sûr, mais ça a été très fatigant et ça a laissé peu de place pour le reste.

Je me suis également mis dans la tête de passer mon niveau 3 de plongée mais ce qui aurait dû n’être qu’une formalité s’est transformé véritable épopée.

Je m’étais booké pour septembre un petit programme aux petits oignons avec une semaine au Frioul entre le Paris-Versailles et les 20 km de Paris. Je suis malheureusement tombé sur un club de pieds nickelés et tout est tombé à l’eau. J’ai, en catastrophe, trouvé une autre formation qui m’a obligé à annuler ma participation au Paris-Versailles. Mauvais choix, j’aurais mieux fait d’aller courir, il faisait beau à Paris ce jour là tandis que j’enchaînais plongées de merde sur plongées de merde pour finir par rater assez lamentablement mon niveau 3. 2012, l’année de la loose. (suite…)

Ski hors-piste sur le glacier d’Argentières

Mais dans quoi me suis-je encore fourré…

Avec Tom (nous sommes les rois du monde !)Jusqu’à peu, ne plus faire de ski ne me manquait pas tellement. J’aurais échangé sans l’ombre d’un regret une semaine à Courchevel contre ne serait-ce qu’une seule plongée dans n’importe quelle mer chaude du globe. Il aura donc fallu que je passe quelques jours dans les Vosges, en décembre, pour qu’au contact de la montagne, je me rende compte qu’elle m’avait manqué plus que je ne l’imaginais. À peine rentré, je ne pensais déjà plus qu’à repartir et c’est ainsi que je parviens à convaincre Tom, mon irremplaçable acolyte des Paris-Quettetot à vélo, de m’accompagner dans une petite escapade alpine, histoire d’aller vérifier si je n’ai pas trop perdu mon chasse-neige.

À deux jours du départ, Tom m’appelle pour me demander si je possède un baudrier et du matériel d’escalade. C’est sûr, ça aurait dû m’interpeler.

Après une première journée de chauffe dans le domaine de Balme, l’un des trois domaines skiables de Chamonix,  nous faisons la connaissance d’Igor, un Chamoniard ayant usé ses skis sur tous les versants des aiguilles de la chaine du Mont-Blanc, qui nous propose de nous emmener skier sur le glacier d’Argentières, accessible depuis le sommet des Grands-Montets. (suite…)

Sport d’automne au pays du munster

Y’a plus de saison ma bonne dame !

Le bonhommeIl m’est arrivé, trop souvent, de m’en être voulu de n’avoir pas, par flemme,  emporté dans ma valise une paire de pompes de course à pied.

Ce fut encore le cas pas plus tard qu’il n’y a pas si longtemps que ça, lors de mon récent passage chez nos voisins Belges. Je garde notamment un souvenir mitigé de la matinée passée à glander dans une chambre d’hôtel de la banlieue de Bruxelles alors que, de mon balcon, je pouvais voir l’entrée du parc du Wolvendael et ses 18 hectares de verdure qui me tendaient leurs branches. C’est ainsi qu’il y a un dizaine de jours, au moment de partir finir l’année dans le massif des Vosges, j’ai glissé, sans trop y croire, mes pompes de trail et un collant dans mon paquetage. Bien m’en a pris.

Tout avait pourtant commencé normalement. Début décembre, un petit passage sur le site internet de la station du Lac-Blanc m’avait  confirmé que la saison était partie sur des chapeaux de roue. La totalité des pistes de ski de cette sympathique petite station étaient alors ouvertes mais lorsque nous débarquons au Bonhomme, trois semaines plus tard, tout à fondu. Il ne reste plus que quelques pistes vertes enneigées artificiellement, une piste de luge à moitié décatie et nos yeux pour pleurer. (suite…)

Baladavélo#7: froid polaire et confit de canard

Du Pays provinois aux boucles de la Marne

Cet été, pour la première fois depuis quatre ans, je n’ai pas rejoint mon Cotentin natal à vélo. Et comme je n’étais pas en jambe pour faire Paris – l’Estartit avec mon matos de plongée dans les sacoches et les gamines sur le porte-bagage, j’ai passé mon été à polluer la planète et à faire de la course à pied.

Tom, fidèle compagnon de ces toujours délicieusement bucoliques escapades normandes étant inconsolable, nous décidons de remettre ça à l’automne. Après avoir poliment décliné toutes mes propositions pour cause de difficultés à poser des jours des congés, il me convainc d’organiser une petite virée pendant les vacances scolaires. Ça tombe bien, Benji qui en raffole également ne peut se libérer que pendant les vacances. Ça sera donc pour la Toussaint et tant pis si on a un peu froid, faire plaisir à ses amis, ça n’a pas de prix.

Les Baladavélos de Mimi, c’est bien connu, quand on y a gouté une fois, on y revient toujours (ou presque). Je propose donc à tous mes compagnons de route des éditions précédentes de nous accompagner.

Bikers agréés (suite…)

Les 20 km de Paris en mode mouillé

Pieds de plomb, déluge et mauvais chocolat

logo 20 km de Paris 2012J’avais pas, mais alors pas du tout envie d’y aller ! Je me suis donc fait violence comme jamais. Il faut dire qu’ayant déjà planté le Paris-Versailles 15 jours plus tôt,  je ne pouvais pas décemment me permettre de renoncer deux fois de suite, au risque de me griller définitivement avec le service des sports qui finance généreusement mes inscriptions aux courses populaires parisiennes depuis plusieurs années.

Sauf qu’en tout état de cause, je n’étais absolument pas en état pour enquiller 20 km dans de bonnes conditions. Je me suis donc rendu à cette grande fête de la course à pied avec les cinq kilos pris cet été et jamais reperdus, un coupe-vent dérisoire pour lutter efficacement contre les conditions climatiques exécrables de ce dimanche, le moral dans les chaussettes après le plantage de mon niveau 3, très fatigué, mal entraîné et bof motivé. (suite…)

Baladavélo #6 : la boucle des châteaux

Virée picarde à la découverte des châteaux et abbayes de l’Aisne

6e Baladavélo

La réussite d’une baladavélo repose sur un fragile équilibre entre effort et plaisir, savant mélange de dépassement de soi et de tranquille nonchalance, avec au cœur de chaque virée, le plaisir d’être ensemble pour râler en cœur quand ça monte et redécouvrir ensemble à chaque tournant que, quand même, on habite dans un joli pays.

À force d’organiser ces petites virées champêtres, le cuistot commence à avoir le tour de main mais encore faut-il que tous les ingrédients soient réunis : quelques soirées sur Google map, des feintes de dernière minute, de l’eau, du sucre, des mollets qui chauffent, du gaz, du soleil, du dépassement kilométrique, des blagues pourries et bien sûr des potes ultra sympas parce que sans les potes, la baladavélo ne serait qu’une banale balade à vélo.

Cette 6e édition n’a donc pas dérogé et conformément au cahier des charges, on a bien fait chauffer les mollets et on s’est bien marré. Monsieur Météo France nous avait prédit l’enfer, noyés sous des tonnes de flotte mais les éléments, sans doute impressionnés par mon inébranlable optimisme, nous ont finalement regardés passer sans trop s’en mêler et c’est couvert de belles couleurs que nous voilà rentrés de cette petite virée picarde. (suite…)

30km de l’Éco-Trail de Paris®

Abandonner, mais finir quand même

tetiere

LogoJ’ai commencé la course à pied en 2007. Au bout de quelques mois, l’envie de me fixer des objectifs concrets est apparue et j’ai commencé à m’intéresser à toutes ces courses, dont je ne soupçonnais même pas l’existence. J’ai découvert que certaines étaient des « classiques », que d’autres étaient « mythiques » ou qu’il fallait les avoir faites au moins une fois dans sa vie de coureur. Nous vivons dans une société de superlatifs et le microcosme de la course hors-stade n’échappe pas à la règle.

À cette époque, je m’en souviens encore, une course créait l’événement et déchainait les passions sur les forums spécialisés : l’Éco-Trail de Paris Ile de France ou comment organiser une course nature de près de 80 km dans une région que tout le monde se représente comme totalement urbanisée et dénuée d’espaces verts. Je regardais cela de loin avec une moue dubitative. Comment donc pouvait-on courir 80km ? Ou même vingt, alors que je peinais à en courir plus de huit et que mon objectif de finir un premier 10km me semblait quasi-insurmontable. Cette course, encensée pour son organisation irréprochable, représentait un monde qui m’était interdit car il me semblait inconcevable que  je sois un jour capable de courir un trail de 80km. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, même si, soyons honnête, ça n’est pas pour demain non plus. (suite…)